Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu un simple mythe

 

Chapitre 14 : Fin de vacances mouvementée (1).

 

            «- Franchement, c’est sûr que, pour cette année, on n’a pas à s’inquiéter pour le Quidditch… ! On va gagner la Coupe les doigts dans le nez… ! s’enthousiasma Sirius.

 

             - Je suis bien du même avis… ! » acquiesça James, d’aussi bonne humeur que son ami.

 

            Une semaine s’était écoulée depuis l’arrivée de Harry chez les Potter et, Sirius étant venu leur rendre une petite visite, ils avaient tous trois passé leur après-midi à jouer au Quidditch… ! Si bien qu’ils s’accordaient enfin un repos, discutant de tout et de rien autour de trois grands verres de jus de citrouilles et de fondants du chaudron.

 

            « Au fait, Jamsie, ton père arrive vers quelle heure… ? s’enquit finalement Sirius.

 

             - Vers dix-neuf heures… ! grommela James, l’air franchement pas emballé par cette perspective.

 

             - Allez, je suis sûr que ça va bien se passer… ! » tenta Sirius, ne semblant pas vraiment convaincu par ses propres paroles.

 

            Harry, lui, restait silencieux, trop anxieux pour parler. Après tout ce qu’il avait entendu dire sur Franck Potter, il appréhendait quelque peu de le rencontrer. Il fut donc grandement soulagé quand James se hâta de changer de sujet de conversation.

 

            « On se fait une partie de bataille explosive ? » suggéra-t-il.

 

            Les deux autres acceptèrent avec entrain et, avant qu’ils n’aient eu le temps de faire quoi que ce soit, un Elfe de Maison leur apporta un jeu de cartes.

 

            «- D’accord… ! ironisa Sirius. Ils veulent vraiment pas qu’on rentre… !

 

             - Ben, met-toi à leur place… ! Ils ont déjà bien assez à faire, sans avoir à devoir refaire le ménage derrière nous… ! rétorqua James, avec mauvaise humeur. Tout doit être parfait à la maison quand mon père est là… !

 

             - Hum… ! Eh, alors, vous avez commencer l’entraînement de Harry ? demanda Sirius, en changeant de sujet.

 

             - Oui… ! Et on a plus qu’à attendre la fin de la quatrième étape… ! répondit James, en souriant légèrement, tout en commençant à mélanger les cartes. On a profité de l’absence de ma mère, la semaine dernière, pour le faire… !

 

             - Et ça donne quoi… ? insista Sirius. Comme possibilités principales, je veux dire !

 

             - Les gros félins… ! répondit Harry, tandis que James distribuait rapidement les cartes.

 

             - Oh, oh ! Ca promet d’être intéressant, alors…! Commenta Sirius, en souriant à son tour.

 

             - C’est sûr… ! acquiesça James. On va faire un groupe encore plus disparate qu’avant… ! Allez, Sirius, commence… ! »

 

* * * * *

 

            « Non mais, regarde-le… ! On a du mal à croire qu’il est sensé me protéger… ! Il ronronne comme un bien heureux… ! » commenta James en grimaçant légèrement, observant Gaïa qui, vautré sur le lit, les pattes en l’air, ronronnait, tout en essayant d’attraper la main de Harry entre ses pattes avants, tandis que ce dernier essayait de le caresser.

 

            Deux heures s’étaient écoulées et Sirius avait dû rentrer chez lui une demi-heure plus tôt, tandis que les deux autres regagnaient la chambre de James.

 

            «- Mais comment tu fais ? s’étonna James. Je veux dire…, non seulement il t’a tout de suite adopté, mais en plus, tu arrives à en faire ce que tu veux… !

 

             - On va dire que j’ai l’habitude des chats… ! répondit Harry, en pensant à Pattenrond. L’une de mes meilleures amies en avait un…, assez particulier d’ailleurs… ! »

 

            Harry fut interrompu par quelques coups discrets frappés à la porte, faisant se tourner les deux garçons dans cette direction.

 

            « Entrez ! » lâcha distraitement James, tandis que Gaïa, s’étant rapidement remis sur ses pattes, s’avançait déjà vers la porte, la queue dressée.

 

            La porte s’ouvrit, sur Maggy, une petite Elfe de maison aux yeux bleus et portant un petit ensemble assortit à leur couleur (nda : un peu comme Winky), marqué aux armes des Potter. James s’approcha de l’Elfe qui restait sur le seuil.

 

            «- Maître James ! commença-t-elle de sa petite voix aiguë. Madame votre mère me fait vous dire que Monsieur votre père est arrivé… !

 

             - Bon…, on arrive… ! soupira James. Merci Maggy… ! Part devant et dit à mes parents qu’on descends de ce pas… ! »

 

            Maggy acquiesça d’un signe de tête puis se hâta de quitter les lieux. James se passa la main dans les cheveux.

 

            «- Bon, on ferait mieux de ne pas tarder… ! marmonna-t-il, en se tournant vers Harry. Contente-toi d’être naturel et tout ira bien… ! Par contre, fais attention à ce que tu dis car mon père adore interpréter comme bon lui semble ce qu’on lui dit… ! Et… !

 

             - Ne t’inquiètes pas, James… ! Je sais ce que j’ai à faire… ! Tu me l’as bien assez répété comme ça durant toute la semaine… ! répliqua Harry en souriant légèrement.

 

             - Désolé… ! s’excusa James avec un petit sourire contrit, une main sur la nuque, l’air gêné. C’est juste que je veux que tout se passe bien… !

 

             - Je comprends… ! assura Harry en souriant un peu plus largement. On ferait mieux de descendre, non ?

 

             - Oui, tu as raison… ! approuva James. Gaïa, comme d’habitude, je te confie ma chambre… ! » ajouta-t-il, en suivant Harry dans le couloir.

 

            Le chat miaula paresseusement, de nouveau installé sur le lit, alors que l’adolescent refermait la porte. Là, ce dernier s’adossa contre le mur du couloir, ferma les yeux et inspira profondément, sous le regard de Harry.

 

            « Bon, quand il faut y aller, faut y aller… ! » décida James, avant de s’avancer d’un bon pas vers l’escalier, suivit par son invité.

 

Tous deux descendirent en silence et gagnèrent le salon d’où leur parvenait des éclats de voix. Là, James s’arrêta sur le seuil et fit signe à Harry de faire de même. Elizabeth les aperçut alors.

 

                              « Tiens, d’ailleurs les voilà ! » lança-t-elle en souriant.

 

            James jeta un bref regard à Harry puis s’avança dans la pièce. Harry, qui avait été largement initié par James au “cérémonial” qui allait suivre tout au long de la semaine, attendit là où il était.

 

            Franck Potter qui, jusque là, faisait face à sa femme, assis dans un fauteuil, se leva mais ne fit pas un geste en direction de son fils. Rien qu’à l’air sévère de l’adulte, Harry n’avait aucun mal à deviner qu’il ne devait pas être à prendre avec des pincettes, et il se surprit à le comparer à un mélange de l’oncle Vernon, Rogue et Rusard… (du point de vue du caractère), ce qui n’avait rien de très réjouissant. Le regard de Harry ne cessait de passer de son futur père à son futur grand-père qui restait impassible… ! Mais le voyageur du temps eut toutes les peines du monde à ne pas laisser paraître son étonnement, en voyant le père et le fils échanger, comme seule salutation, une brève poignée de main, et cela sans un mot.

 

            « Bonsoir, père ! lança, d’une voix neutre, James. J’espère que vous avez fait bon voyage… ! »

 

Harry était sidéré… ! Vouvoyer son père… ?!? Voilà quelque chose qu’il n’aurait jamais cru possible ! Mais, à présent, il comprenait mieux la raison de la distance qu’affectait James à l’égard de son père… ! Il ne faisait aucun doute que seul le nom et l’hérédité liaient un tant soit peu les deux Potter… ! Le contraste entre l’attitude de la mère et du père envers leur fils était plus que frappant… ! Et Harry comprenait mieux pourquoi Elizabeth Potter se sentait obliger d’être aussi “mère-poule” avec James, pour compenser un peu la “défaillance” paternelle.

 

Harry ne put s’empêcher de s’interroger sur la relation père/fils qui aurait put s’établir entre son père et lui s’il n’y avait pas eu Voldemort… ! Harry était intimement convaincu que James n’avait rien à voir avec Franck et qu’il aurait été sûrement beaucoup plus proche de son fils… ! Et Harry pensait que, si son futur père avait les mêmes traits physiques que Franck Potter (cheveux noirs en bataille, lunettes…, tout ce qui faisait un Potter, en bref), James avait dû être plutôt influencé par sa mère que par son père… !

 

Il revint à la réalité, en s’apercevant que Franck Potter s’était tourné vers lui et que James, dos à son père, lui faisait discrètement signe de venir. Harry se hâta donc d’obtempérer.

 

            «- Père, je vous présente Harry Calaway… ! Harry, mon père… !

 

             - Bonsoir… ! répondit poliment Harry, un peu mal à l’aise, en serrant la main que le sorcier lui tendait. Enchanté de vous connaître… !

 

 - Moi de même ! répliqua Franck, toujours aussi impassible. Je suppose que Lizzie a déjà dû le faire mais, je tiens à vous remercier pour ce que vous avez fait pour mon fils, durant le match… ! »

 

            Et tout cela dit sans la moindre trace d’une quelconque émotion dans la voix… ! Harry se demandait comment quelqu’un pouvait être aussi rigide et glacial… ! Même Rogue, en comparaison, paraissait plus expressif ! Du coin de l’œil, il aperçu l’expression tendue de James qui, visiblement, n’avait pas l’esprit tranquille.

 

            «- C’était tout naturel… ! répondit Harry, le plus calmement possible. N’importe qui l’aurait fait… !

 

 - Je n’en suis pas si sûr… ! commenta Franck, l’air sceptique (nda : enfin une quelconque “émotion”). Nous sommes dans une période où tout le monde se replie sur soi-même, où on ne pense plus qu’à soi et à sa famille… !

 

 - Euh, Franck chéri ! intervint Elizabeth. Peut-être pourrions-nous passer à table, maintenant que les garçons sont là… ? »

 

            Harry lui fut grandement reconnaissant pour cette aide inopinée… ! Cependant, quelque chose dans l’air soudain soulagé de James lui laissait entendre qu’il appréhendait quelque chose qui n’était pas venu… ! Harry ne put donc pas s’empêcher de se dire que la soirée n’allait pas être une partie de plaisir… !

 

* * * * *

 

            Le début du repas se passa relativement calmement. Bien que les adultes échangèrent quelques mots, les deux adolescents gardèrent le silence… Harry n’avait aucun mal à deviner le malaise de James qui “picorait” distraitement dans son assiette du bout de sa fourchette… ! Celui-ci, semblant se sentir observer, releva les yeux de son assiette et adressa un pâle sourire à son invité qui préférait ne rien dire, par crainte qu’un quelconque propos qu’il aurait put dire ne tourne à son désavantage… ! Mais, c’était sans compter sur Franck Potter… !

 

            «- Alors, Harry, vous venez d’Australie, me semble-t-il ?

 

             - Oui… ! J’étais à Olbridge avant de venir ici… ! répondit l’adolescent.

 

         - Il paraît que c’est une bonne école… ! Bien moins que Poudlard cependant… ! »

 

            Harry jeta un regard à James qui, assis à côté de lui, s’était à nouveau tendu, tout comme Elizabeth Potter dont le regard incertain passait de son mari aux deux garçons.

 

            « Poudlard est de loin la meilleure école que je connaisse… ! » reprit cependant Harry, le plus calmement possible.

 

            Il y eut un nouveau moment de silence.

 

            «- Mais, si ce n’est pas indiscret, qu’est-ce qui vous a pousser à venir en Grande-Bretagne… ? demanda Franck. Vous ne deviez pas ignorer la situation politique actuelle de notre pays… ?

 

             - En effet ! avoua Harry. J’avais entendu parlé de ce qui se passait ici… ! Mais, on m’a assuré que Poudlard était l’endroit le plus sûr au monde depuis que Albus Dumbledore en est le directeur… ! Voldemort lui-même n’ose pas s’en approcher… ! »

 

            Franck eu un signe de tête satisfait.

 

            «- Je vois que vous n’avez pas peur de prononcer son nom ! commenta-t-il.

 

             - On m’a dit une fois que la peur du nom ne faisait qu’accroître la peur de l’objet lui-même… ! »

 

            Franck se contenta d’un autre signe de tête. Jetant un bref regard à James, Harry se rendit compte qu’il avait dû réussir la première étape car l’adolescent s’était quelque peu détendu.

 

            « Je ne connais pas les familles sorcières australiennes… ! reprit Franck, au bout d’un moment. Mais je n’ai jamais entendu parler de Calaway… ! »

 

            James émit un grognement étouffé, signifiant clairement que son père venait d’aborder le sujet le plus préoccupant. Et Harry comprit très bien le sous-entendu…

 

            « Je suis le dernier descendant d’une grande lignée de sorciers… ! répondit simplement Harry. De là où je viens, tout le monde connaît le nom de ma famille… ! »

 

            Franck acquiesça à nouveau. Harry savait très bien qu’il jouait avec le feu, à la façon dont sa médaille lui chauffait la peau de façon discontinue… ! Ce n’était pas douloureux, juste un peu désagréable… ! Mais, après tout, il ne disait pas vraiment la vérité, mais il ne mentait pas non plus… !

 

            « Mais pourquoi n’êtes-vous pas rentré chez vous pour les vacances ? » insista Franck.

 

            Harry commençait à être quelque peu agacé par cet interrogatoire, mais il s’assombrit.

 

            «- J’aurai bien aimé… ! Mais je ne peux pas encore rentrer chez moi… !

 

             - Votre famille n’est pas venu avec vous ?

 

             - Non… ! Mes parents sont morts lorsque j’étais très jeune et l’oncle chez qui je vivais avant de venir ici ne se souciait pas de moi… ! »

 

            Franck resta silencieux un moment.

 

            « Je vois… ! Alors,… ? »

 

            Il fut interrompu par l’arrivée soudaine d’une chouette brune qui, surgissant de nulle part, déposa une lettre sur la table devant Franck, avant de repartir de plus belle. Le sorcier fronça les sourcils, jeta un regard au sceau de l’enveloppe puis se leva.

 

            « Veuillez m’excuser, mais j’ai quelque chose d’urgent à faire… ! » déclara-t-il, avant de quitter la salle à manger.

 

            Tous restèrent silencieux un moment.

 

            « Quelqu’un veux du dessert ? » suggéra alors Elizabeth, désignant les différents plats qui s’offraient à eux.

 

* * * * *

 

            «- En tout cas, tu t’en es bien tiré… !

 

             - Tu crois… ?

 

             - Oui… ! Mon père ne se serait pas aussi intéressé à toi s’il ne te pensais pas digne d’intérêt… ! »

 

            Harry resta silencieux. Deux heures s’étaient écoulées depuis le départ soudain de Franck Potter… ! Elizabeth, en connaisseuse de cause et sachant très bien qu’il ne réapparaîtrait pas avant un très long moment, avait autorisé les garçons à quitter la table. Et tous deux se trouvaient à présent sur le balcon de la chambre de James, ce dernier à califourchon sur la rambarde, observant Harry qui était distraitement adossé à la balustrade à côté de lui.

 

            «- Il pose toujours autant de questions ? demanda finalement Harry.

 

             - Oui… ! Et encore, tu peux remercier cette chouette providentielle où tu y serais encore à l’heure qu’il est… ! ironisa James. Il est d’un naturel méfiant, voir presque parano depuis qu’il est Auror… ! ajouta-t-il, moqueur. Alors, il se renseigne… ! »

 

            Harry resta silencieux, observant attentivement James.

 

            « Pourquoi ai-je l’impression qu’il y a une autre raison… ? » demanda calmement Harry.

 

            James ne dit rien. Il baissa cependant la tête, l’air mal à l’aise. Finalement, il soupira et reprit la parole, sans oser regarder son camarade.

 

            « Mon père est très conventionnel et traditionaliste… ! Il s’est toujours cru obliger de surveiller mes… “fréquentations” dirons-nous… ! C’est pour ça qu’il s’est montré quelque peu suspicieux à propos de ton nom de famille… ! Il ne veut pas que je m’attache à… des gens qui ne sont pas issues de familles de sang-pur… ! C’est à peine s’il tolère Lunard, Patmol et Queudver… ! »

 

            Harry resta silencieux.

 

            « Enfin… ! reprit James. Mon père est, comme je te l’ai dit, très conservateur… ! Et il veut conserver la pureté du sang Potter autant que possible… ! ajouta-t-il en soupirant. On n’en est heureusement pas arrivé au stade des Serpentard, vis-à-vis des sorciers issues de famille moldue… ! On les respecte pour ce qu’ils sont mais sans plus… ! Ca ne doit pas aller plus loin… ! Je ne peux pas me permettre d’établir des liens trop étroits avec eux… ! »

 

            Harry se contenta d’acquiescer, distraitement, d’un signe de tête compréhensif, perdu dans ses pensées. Il commençait à mieux comprendre l’origine de la tension qu’il y avait entre ses futurs parents… ! L’influence de Franck, aussi indirecte soit-elle, avait obligé James à garder une certaine distance avec les sorciers, et encore plus sorcières, issues de familles moldues… ! Et Lily entrait dans cette catégorie… ! C’était sûrement l’une des obscures raisons qui faisaient qu’ils s’entendaient comme chien et chat… ! Ca plus le fait que, comme dit le proverbe, “qui aime bien, châtie bien… !” ! Dans ce cas-là, ces deux-là devaient vraiment s’aimer… ! Harry sourit à cette pensée, même s’il commençait à se poser de sérieuses questions… ! Il revint à la réalité, songeant que le moment n’était pas aux sempiternelles interrogations qui resteraient de toute façon sans réponse, et cela pendant un moment… ! De toute façon, tout le monde lui avait toujours tout caché… ! D’abord les Dursley qui lui avaient menti sur ses parents et le fait qu’il soit un sorcier, puis Sirius, Remus (les adultes), Dumbledore… ! Il se rendait vraiment compte à présent qu’il ne savait rien de ses parents…, du moins jusqu’à son arrivée à cette époque… ! Pourquoi les autres s’obstinaient à refuser de lui parler de choses qui le concernait… !

 

            Il s’efforça de chasser ces réflexions de son esprit et, revenant à la réalité, constata que James semblait lui aussi perdu dans ses pensées. Harry sourit et passa la main à quelques centimètres du nez de son futur père.

 

            « Eh, oh ! Il y a quelqu’un… ? »

 

            James sursauta, revenant à la réalité.

 

            «- Hein ? Quoi ?

 

             - Alors, on rêvasse… ? le taquina Harry.

 

             - On peut dire ça… ! »

 

            Il y eut un nouveau moment de silence, jusqu’à ce que James reprenne la parole.

 

            « Tu sais, on dit souvent qu’on répète ce qu’on nous a fait subir quand on était plus jeune… ! Par exemple, quelqu’un qui se ferait battre par ses parents dans son enfance, aurait tendance à faire de même sur ses propres enfants… ! »

 

            Harry lui jeta un regard, un peu perplexe, choqué par les propos de l’adolescent.

 

            «- Pourquoi tu me dis ça ?

 

             - Et bien… ! commença James, avant de soupirer. Je sais pas trop… ! En tout cas, une chose est sûre, c’est que je ferai tout pour ne pas suivre cette idée… ! Je veux dire, si j’ai des enfants un jour, je ferai tout mon possible pour ne pas répéter les erreurs de mon père à mon égard… ! » ajouta-t-il, une lueur déterminée animant ses yeux bleus.

 

            Harry réprima un petit sourire. Dans son Poudlard, on lui avait assez répété qu’il avait été vraiment aimés par ses parents pour y croire… ! Rien que le fait que sa mère se soit sacrifiée pour lui sauver la vie en était une preuve plus que suffisante… ! C’était l’amour que sa mère lui portait qui avait, plus d’une fois, sauvé la mise à Harry…, du moins, jusqu’au retour de Voldemort… ! Et voilà qu’il repartait dans ses sombres préoccupations… !

 

            « Je suis sûr que tu ferais un bon père… ! » répondit Harry avec sérieux.

 

            James lui jeta un regard et eu un léger sourire.

 

            « Peut-être, mais je n’y suis pas encore… ! » commenta-t-il.

 

            Le silence retomba à nouveau, seulement troublé par le bruit des criquets qui peuplaient la pelouse, en contre-bas. Harry resta un moment, le nez en l’air, à observer le ciel criblé d’étoiles.

 

            « Bon, c’est pas tout ça, mais que dirais-tu d’une partie d’échecs sorciers… ? » suggéra abruptement James.

 

            Harry, étonné par cette soudaine question, lui jeta un regard.

 

            « Oui, pourquoi pas… ! »

 

            Sur ce, tous deux quittèrent le balcon et regagnèrent la chambre où Gaïa, vautré allègrement sur le lit de son maître, n’esquissa pas le moindre geste à leur attention.

 

* * * * *

 

Des cris de terreur s’élevaient dans un quartier de Londres. Des débris en tout genre jonchaient le sol rougi par le sang des habitants sans défense, tués et dépecés par dizaine par les immenses créatures qui semblaient s’en donner à cœur joie. Une tête de mort verdâtre, dont un serpent s’échappait de la bouche ouverte, embrasait d’une lueur verdâtre le carnage qui se déroulait, révélant de sombres silhouettes vêtues de noir qui arpentaient les rues désertes, à la recherche d’éventuels survivants et de prochaines victimes, qui tentaient vainement de fuir devant les vagues incessantes de Mangemorts, Détraqueurs et Géants qui ne laissaient que mort et désolation sur leur passage. Un rire glacé et quasi satanique, teinté d’amusement, retentit, dominant le tumulte. Le mage noir se tenait de dos, face au spectacle qui s’offrait à ses yeux avides de destruction.

 

            « Plus rien ne peut plus m’arrêter, à présent… ! murmura-t-il. Pas même cet amoureux des Sang-de-Bourbe et encore moins ces imbéciles du Ministère… ! Bientôt… oui, très bientôt… j’en aurai fini avec les derniers héritiers de Gryffondor… ! Et là, ma victoire sera totale… ! »

 

            Il éclata à nouveau de rire. Un rire sinistre…

 

            Le Seigneur des Ténèbres s’avança alors vers la ville où ne subsistaient plus que quelques habitants, tremblants de peur, tentant inutilement de se cacher.

 

            « Personne n’échappe à Lord Voldemort ! lâcha-t-il, en délogeant une de ces “misérables” créatures. Et surtout pas de vulgaires Moldus comme vous… ! Avada Kedavra ! »

 

* * * * *

 

            «- Aaaaahhhhhhhh !

 

             - Harry… ! Harry réveille-toi… ! Tu fais un cauchemar…! »

 

            L’adolescent ouvrit brutalement les yeux, tremblant de la tête aux pieds, les mains crispées sur son front. Respirant bruyamment, il mit un peu de temps à réaliser où il se trouvait, jusqu’à ce qu’il aperçoive une paire de lunettes mises à la hâte à quelques centimètres de son visage.

 

            «- Harry… ! Ca va ? Tu veux que j’ailles appeler ma mère…? S’inquiéta James, devant la pâleur de l’adolescent.

 

             - Hein ? Euh non, ça va… ! J’ai juste fais, comme tu l’as dit toi-même, un cauchemar… ! C’est tout… !

 

             - Et ben, il devait être sacrément terrifiant pour que tu te mettes dans cet état… ! commenta James, l’air soucieux. Tu t’es fait mal à la tête ? » s’étonna-t-il.

 

            Harry prit alors conscience qu’il avait toujours ses deux mains plaquées sur sa cicatrice qui continuait à lui chauffer le front à vif. Ignorant la douleur lancinante, il enleva ses mains et s’efforça de paraître le plus détendu possible.

 

            « Non, non, c’est rien… ! » assura-t-il.

 

            James lui adressa un regard dubitatif mais ne dit rien, et Harry lui en fut reconnaissant… ! Après tout, si, tout le monde, à son époque, était au courant pour cette cicatrice qui faisait toute sa particularité (et surtout sa célébrité), ici, personne, à part Lily, ne semblait l’avoir remarqué… ! Enfin, ce n’était pas ce qui préoccupait le plus Harry pour l’instant, mais plutôt le fait que, même ici, à cette époque, sa cicatrice continuait à le faire souffrir dès que Voldemort faisait des siennes… ! Alors que, théoriquement, il n’était pas encore né, le mage noir avait encore tous ses pouvoirs et ne lui avait pas encore fait cette cicatrice… !

 

            Il revint à la réalité en prenant conscience du fait que James continuait à le fixer avec une expression que Harry était bien incapable de déterminer avec précision.

 

            «- Désolé de t’avoir réveillé… ! C’est juste que je réagis très mal aux cauchemars… ! prétendit-il, s’efforçant d’être le plus convainquant possible.

 

             - Je vois ça… ! commenta James, haussant un sourcil, et remontant négligemment ses lunettes sur son nez. Tu es sûr que ça va ?

 

             - Mais oui, j’vais bien… ! assura Harry en souriant légèrement. Allez, va te recoucher… ! Moi j’vais rester un moment à penser à tout et rien et je finirai par me rendormir… !

 

             - Hum… ! marmonna James, l’air guère convaincu.

 

             - Je te dis que ça va… ! répéta patiemment Harry. C’était qu’un cauchemar… ! Rien de plus… ! Alors, bonne nuit… ! »

 

            James voulu dire quelque chose, alors que Harry lui tournait délibérément le dos pour montrer que la discussion était close sur ce sujet. Mais il se ravisa, soupira, puis se décida à obéir.

 

            « Bon… ! grommela-t-il. Ben, bonne nuit… ! »

 

            Sur ce, James regagna son lit, et Harry soupira silencieusement, lorsque James eut éteint la lumière… ! Il savait très bien que James n’allait pas laisser tomber si facilement, mais, pour l’instant, il était tranquille… ! Il soupira une fois de plus et se mit sur le dos, fixant le plafond d’un air absent, perdu dans ses pensées, ses doigts venant effleurer, une fois de plus, sa cicatrice qui restait encore douloureuse… !

 

            Ses cauchemars s’étaient toujours révélés conforme à la réalité…, ce qui voulait dire que, en ce moment, Voldemort massacrait d’innocents Moldus londoniens… et que, lui, pendant ce temps, ne pouvait rien faire ni dire… !

 

            S’il y avait bien une chose qu’il détestait plus que tout, c’était de se sentir aussi impuissant face à tout ce qui se passait… ! Il se haïssait de devoir rester là, à ne rien faire (même s’il savait pertinemment que c’était déjà trop tard), alors que des gens mouraient pour satisfaire la soif insatiable de pouvoir, de haine et de vengeance de Voldemort… ! Tout comme il détestait le fait de devoir rester là à ne rien faire, à assister en spectateur silencieux à ce qui se passait, alors que, d’ici quatre ans, ce lâche de Queudver trahirait ses parents… !

 

            Voir ce misérable traîner, en toute insouciance, avec les autres Maraudeurs irritait énormément Harry qui devait recourir à toute sa volonté pour ne pas écharper vif ce sale rat… ! Ou l’étriper… l’étrangler… ! Non, ce serait bien trop rapide… ! Le torturer… ! Le faire mourir à petit feu… ! Le faire souffrir pour ce qu’il ferait d’ici quelques années… ! Pour sa lâcheté qui avait poussé Pettigrow à se tourner vers Voldemort et livrer ses parents au Seigneur des Ténèbres… !

 

            Harry soupira une fois de plus, s’efforçant à se calmer et chasser ces pensées morbides de son esprit, même si elles le hantaient plus que tout ces derniers temps… !

 

            « Reprends-toi, Harry ! se houspilla-t-il, silencieusement. Je ne peux, et je ne dois pas intervenir… ! Je ne dois pas le faire… ! »

 

            Mais c’était tellement dur… ! Ca lui faisait si mal… ! Voir Sirius totalement insouciant, plein de vie et déployant sans compter son enthousiasme débordant, son humour particulier et son imagination débordante… ! Voir Remus si joyeux avec ses amis… ! Tous deux si différents des deux sorciers adultes qu’il connaissait… ! Si différents des deux hommes dont la vie avait été gâchée par la trahison d’une personne qu’ils considéraient comme l’un des leur… ! Ce n’était pas Queudver qui avait passé douze ans à Azkaban, mais Sirius… ! Ce n’était pas Queudver qui avait dû passer tout ce temps seul et méprisé de tous à souffrir en silence, mais Remus… ! Ce n’était pas non plus Queudver qui était mort, mais James… !

 

            Harry grimaça… ! Voilà encore une chose qui lui brisait le cœur, qui lui faisait, chaque jour, un peu plus mal… ! Voir James, si ami avec ce traître… ! James si plein d’enthousiasme, débordant d’énergie et de bonne volonté… ! James si “Potterresque” et “Maraudeuresque” ! James, le nouveau Préfet-en-Chef totalement méprisant de ce poste, Poursuiveur et Capitaine de l’équipe de Gryffondor… ! James ignorant totalement ce que l’avenir lui réservait et qui se contentait de profiter de la vie telle qu’elle s’offrait à elle, au jour le jour… ! James qui, génétiquement, était son père, bien qu’il ne le soit pas encore officiellement ! Le père qu’il n’avait jamais eu l’occasion de connaître, à part durant quinze petits mois dont il ne se rappelait pas, et quelques unes de ses dernières paroles avant d’être assassiné par Voldemort… !

 

            Et il y avait aussi Lily… ! La Préfète à l’air un peu revêche (enfin, sûrement même Préfète-en-Chef à présent) mais toujours prête à aider et au grand cœur… ! Lily, qui ne cessait jamais de le surprendre… ! La première de classe dans pratiquement toutes les matières… ! Celle qui, lors d’un sordide soir d’Halloween 1981, donnerait sa vie pour sauver son fils… ! Harry ne pouvait s’empêcher de se sentir mal à l’aise quand il se trouvait en sa compagnie… ! Après tout, elle s’était sacrifiée pour lui sauver la vie… !

 

            Et puis, il y avait la situation entre Lily et James… ! Une situation à la fois risible, franchement grotesque, pathétique mais aussi sérieusement horripilante… ! Harry ne supportait pas non plus de voir ses futurs parents se traiter de tous les noms, se détester cordialement… ! Mais, une fois de plus, il ne devait pas intervenir… !

 

            Mais les voir, ainsi, tous, aussi innocent…, le torturait… ! Plus le temps passait et plus l’envie d’envoyer balader sa satanée médaille et de tout dire le tiraillait… ! Ce n’était qu’une lente agonie… ! Une souffrance permanente et lancinante… ! Une douleur, bien plus morale qu’autre chose, qui lui déchirait le cœur… !

 

            Il soupira, se passant les mains sur la figure… ! Ces stupides et douloureuses réflexions ne servaient à rien… ! Ca ne lui rendrait pas ce de quoi il avait été privé depuis sa petite enfance… ! Sa famille, l’amour de ses parents… ! Et se lamenter sur son sort n’y changerait bien… ! Il avait une occasion unique de mieux les connaître… et il avait bien l’intention d’en profiter… !

 

            C’est sur ces bonnes résolutions qu’il finit par s’endormir, sombrant dans un sommeil agité, alors que les premières lueurs de l’aube teintaient l’horizon.

 

* * * * *

 

            Lorsqu’il se réveilla, quelques heures plus tard, il ne tarda pas à découvrir que James était déjà réveillé et habillé et l’observait, en silence, assis sur son lit. Le maître des lieux lui sourit en constatant qu’il était réveillé.

 

            «- Salut ! lança James. Alors, tu as quand même réussi à bien dormir ?

 

             - Oui, ça peut aller ???: répondit Harry. J’ai l’habitude… !

 

             - Hum… ! Bon, quand tu seras prêt, on descendra ! » proposa James.

 

            Harry acquiesça et se hâta de sauter du lit avant de filer à la salle de bain d’où il ressortit, une demi-heure plus tard, les cheveux encore humides et habillé. Cela fait, les deux adolescents descendirent, pour apercevoir Elizabeth qui sortait du salon à la hâte.

 

            «- Tu sors, m’man ? s’étonna James.

 

             - Ah, vous voilà tous les deux… ! commenta l’intéressée en apercevant les deux garçons. Oui, je dois y aller !

 

             - Il y a eu une attaque… ! marmonna son fils, s’assombrissant à cette perspective.

 

             - Oui ! avoua sa mère. Dans le Londres moldu… ! Ton père est déjà sur les lieux, depuis hier soir, et, en ce qui me concerne, je vais aller voir ce que je peux faire là-bas… !

 

             - Ah ! Et tu rentreras vers quelle heure ?

 

             - Franchement, Jimmy, je n’en ai aucune idée… ! concéda Elizabeth. Mais j’essayerai de rentrer dès que possible, pour ne pas vous laissez seuls trop longtemps… ! Par contre, restez à la maison, tous les deux, et surtout, soyez sages… !

 

             - Oui, m’man… ! répondit, avec une once de mauvaise humeur dans la voix, James qui avait visiblement prévu de sortir. Mais Sirius pourrai quand même venir à la maison, non ?

 

             - Euh oui, bien sûr… ! Tu sais très bien que Sirius, ou n’importe lequel de tes amis, est toujours le bienvenu à la maison, mon chéri… !

 

             - Sauf quand père est là… ! grommela James, d’une voix à peine audible.

 

             - Jimmy… ! soupira Elizabeth. Nous avons déjà parlé de ça, il me semble… ! Mais là, il faut vraiment que j’y aille ! ajouta-t-elle, jetant un regard à l’horloge de l’entrée. Enfin, quoi qu’il en soit, je veux que vous restiez à la maison… ! répéta-t-elle, en atteignant la porte d’entrée.

 

             - T’inquiètes, m’man, on sera sage comme des images… ! » assura James, juste avant que la porte ne se referme sur sa mère.

 

            Les deux adolescents échangèrent un regard.

 

            « Bon… ! soupira finalement James. Au moins, on sera tranquille aujourd’hui… ! On va manger ? »

 

            Harry acquiesça et tous deux gagnèrent la salle à manger, non sans un bref détour par la volière où James envoya sa chouette effraie, Eole, apporter une lettre à Sirius.

 

            Installé autour d’un petit-déjeuner tout aussi copieux que de coutume, les deux adolescent discutaient de tout et de rien.

 

            «- En tout cas, ma nomination en tant que Préfet-en-Chef va au moins me servir à quelque chose… ! commenta soudain James, avec entrain.

 

             - Et à quoi ça va te servir ? s’étonna Harry qui connaissait assez bien James pour se douter qu’il voyait autre chose que l’aspect “officiel” d’une telle nomination ou, encore moins, des responsabilités qu’elle entraînait.

 

             - Pour faire enrager Evans… ! répliqua James avec un large sourire. Elle va être verte de rage… ! »

 

            Harry secoua la tête, d’un air à la fois amusé et agacé. James n’avait pas fait la moindre allusion à sa rivale de toujours de toutes les vacances, et Harry considérait ça comme une bonne chose, même dans ce contexte, que le maître des lieux en parle… ! Mais l’agacement de Harry venait du fait que, d’un autre côté, James ne pensait qu’à la meilleure façon d’énerver l’adolescente.

 

            «- Je suis prêt à parier qu’Evans a eu le poste de Préfète-en-Chef… ! reprit James, avec une grimace.

 

             - Ca n’en fait aucun doute… ! approuva Harry, avec un léger sourire.

 

             - N’empêche, j’aimerai bien savoir ce que tu lui trouve de si intéressant pour passer du temps avec elle… ! marmonna James. Franchement, elle est totalement inintéressante, cette fille… ! Et puis son intérêt pour les règlements… ! ajouta-t-il, l’air méprisant. Les règles sont faites pour être brisées, pas pour être appliquées à la lettre… ! Sinon, la vie serait totalement morne et ennuyante à souhait… !

 

             - Peut-être, mais elle est sympa… !

 

             - C’est une hypocrite… ! Avec toi, Evans fait la fille gentille, serviable, mais, avec les autres… ! Même une porte de prison est plus aimable qu’elle… ! Autant avant ça allait à peu près, mais depuis qu’elle est Préfète, c’est une vrai mégère… ! C’est l’asociale de l’école celle là… ! Moi, je pense qu’elle aurait dû être à Serdaigle plutôt qu’à Gryffondor… ! Elle passe sa vie dans les bouquins et à la Bibliothèque… ! Et, en plus, circonstance aggravante, elle déteste le Quidditch… !

 

             - Chacun ses goûts… ! observa tranquillement Harry.

 

             - D’accord… ! concéda James, avec mauvaise grâce. Seulement, c’est une Gryffondor plus qu’atypique… ! Et c’est à croire qu’elle est là pour m’énerver… ! Elle n’a même pas le sens de l’humour… ! Nos blagues font rire tous le monde, y compris certains profs et, elle, tout ce qu’elle voit, c’est les points qu’on va faire perdre… ! Après tout, les blagues et la discrétion, c’est la spécialité des Maraudeurs… ! Je veux dire, sur six cent soixante douze blagues (petit sifflement admiratif de Harry) que nous avons fait depuis que nous sommes à Poudlard, nous ne nous sommes fait avoir que quarante fois… ! C’est tout… ! Et encore, la moitié aurait pu être évitées… ! Mais nous étions jeunes et un peu trop ambitieux par rapport à nos capacités de première année… ! se défendit James, alors que Harry souriait. Bon, bien sûr nous sommes toujours aussi, si ce n’est plus, ambitieux qu’avant mais nous avons, quand même, gagné en expérience dans ce domaine… ! »

 

            Il fut interrompu par l’arrivée de deux rapaces dans la pièce. L’un deux n’était autre qu’Eole qui apportait la réponse de Sirius (après tout, il n’habitait pas bien loin à vol d’oiseau) et l’autre était un hibou moyen-duc qui déposa un exemplaire de la Gazette du Sorcier sur la table.

 

            «- Je peux ? demanda Harry en désignant le journal.

 

             - Bien sûr… ! » répondit distraitement James, tout en débarrassant sa chouette de la lettre qu’elle portait avant de caresser la tête intelligente de l’animal.

 

            Le rapace, débarrassé du courrier, mordilla le doigt de son maître puis quitta son perchoir improvisé et se hâta de repartir comme il était venu, à la suite du hibou moyen-duc.

 

            Harry avait à peine déplié la Gazette des sorciers du jour que la photographie qui occupait la une du journal attira toute son attention… ! La une où s’étalait, en gros titre, “Un massacre sans précédent” qui dominait une photo en couleur de la Marque des Ténèbres qui flottait au dessus de ruines encore fumantes autour desquelles s’affairaient des centaines de sorciers vêtus de blanc.

 

La Marque des Ténèbres… une immense tête de mort verdâtre dont un serpent sortait de la bouche, qui flottait dans le ciel chargé d’épais nuages noirs… ! La marque de Voldemort… ! La marque que le mage noir avait fait apposer sur le bras de ses Mangemorts et qui représentait leur signe de ralliement, mais annonçait aussi une nouvelle victoire du Seigneur des Ténèbres… !

 

Harry, plus par acquis de conscience qu’autre chose, se rendit à la page suivante, où débutait un long article qui traitait de l’événement de la veille. L’adolescent le parcouru distraitement du regard, sachant, plus ou moins, ce qu’il y trouverait, quelques bribes du texte attirant, brièvement, son attention. Visiblement, d’après ce que Harry avait pu comprendre (entre son cauchemar et l’article de la gazette), un contingent de vingt Mangemorts accompagnés de Voldemort mais aussi de Détraqueurs et de Géants, avait fait sauter les bâtiments et les rues de Londres, sur environ cinq kilomètres alentours, avant de traquer les rescapés, tuant ainsi près de trois cent Moldus innocents… ! Et ce n’était que les premières estimations… !

 

   L’adolescent soupira, et laissa tomber le journal sur la table, perdu dans ses pensées.

 

            «- Combien de victimes ? demanda soudain James, le tirant ainsi de ses réflexions.

 

             - D’après les premières estimations, trois cent et quelques… ! Tous des Moldus… ! répondit évasivement Harry, en poussant le journal vers le maître des lieux. Alors, qu’est-ce que  Sirius dit ? ajouta-t-il, changeant ainsi de sujet en voyant la lettre que James tenait.

 

             - Il va venir en début d’après-midi… ! répondit James en souriant.

 

             - Et on fait quoi, d’ici là ? insista Harry.

 

             - Ben, j’sais pas… ! Ce que tu veux… ! On peut aussi bien jouer à la Bataille explosive aux pierres de sorciers, aux échecs sorciers, au Quidditch, tout simplement discuter de choses et d’autres, ou autre chose… !

 

             - Faire nos devoirs par exemple ? suggéra malicieusement Harry.

 

             - De quoi ? Faire nos devoirs ? s’horrifia James. Oulà, mon vieux, j’sais pas si c’est le fait de côtoyer Remus ou Evans mais ça te réussit pas… ! ajouta-t-il avant de s’arrêter, pensif. Non, en fait, j’opterai plutôt pour Evans… ! Enfin bref, ça montre à quel point il vaudrait mieux que tu évite de trop la fréquenter… ! Elle a une mauvaise influence sur toi… ! continua-t-il. Mais, quoi qu’il en soit, les devoirs, on ne les fait jamais, au grand JAMAIS, en avance… ! Toi qui aspire à te joindre aux Maraudeurs, retiens bien cette règle… les devoirs, on ne les fait qu’à la dernière minute… ! »

 

            Harry sourit légèrement. Il n’envisageait pas sérieusement de faire ses devoirs de sitôt, mais c’était une simple façon de tester les réactions de l’adolescent. En tout cas, en quelques minutes de conversation, James avait mentionné six fois le nom de famille de Lily… ! Un record aux yeux de Harry qui, depuis qu’il était dans cette époque, s’était amusé à comptabiliser le nombre de fois où James faisait seulement allusion à l’adolescente. En fait, depuis le début de son séjour à Godric’s Hollow, “le visiteur involontaire du temps” n’avait cessé de vouloir lui lancer des “perches” du même genre, mais c’était bien la première fois qu’il en trouvait l’occasion…

 

            « Enfin… ! reprit James. En parlant de règles…, ça me fait penser qu’il faudrait que je t’apprennes les dix règles du parfait Maraudeur… ! »

 

* * * * *

 

            « Allez, encore une fois… ! » insista James.

 

            Il était près d’une heure de l’après-midi. Les deux adolescents avaient passé l’après-midi à parler de choses et d’autres, à l’arrière de la maison, tout en observant les frasques de Gaïa qui poursuivait un gnome de jardin. Après tout, comme l’avait remarqué James, “Un jardin sans gnomes n’est pas un jardin” et puis, de toute façon, ils étaient cantonnés magiquement au potager qui occupait une petite partie du jardin de derrière. Après un rapide sandwich concocté par les Elfes de Maison, les deux garçons s’étaient installés sur la terrasse et James avait entreprit d’apprendre à Harry les règles de conduite des Maraudeurs, comme il l’avait suggéré un peu plus tôt dans la journée.

 

            Harry sourit mais se prêta docilement à la demande du maître des lieux.

 

            «- Règle numéro un… ?

 

             - Solidaire, toujours, tu seras !

 

             - Règle… numéro cinq ?

 

 - Le plus de blagues possibles, tu réaliseras !

 

 - Règle numéro 2 ?

 

 - Le secret, toujours, tu garderas !

 

 - La dix ?

 

 - En avance, tes devoirs, jamais tu ne feras !

 

 - Hum ! Les règles trois, sept et quatre ?

 

 - Toujours, en priorité, les Serpentard, tu viseras ! Faire rire les autres, tu devras ! Se surpasser, toujours, il faudra !

 

 - Et celles neuf, six et huit ?

 

 - Sur ton imagination, toujours, tu compteras ! Jamais la retenue, tu ne craindras ! Toujours plus d’ingéniosité et d’audace, tu déploieras !

 

 - Parfait… ! conclut James, l’air satisfait. Maintenant, il ne te reste plus qu’à les appliquer mot pour mot… ! Et gare à toi si tu déroges à l’une d’elle ! ajouta-t-il, l’air grave. Une dernière chose, règle numéro trois… ?

 

 - Toujours, en priorité, les… ! commença Harry.

 

 - Les Serpentard, tu viseras ! acheva alors une voix, derrière eux.

 

 - Sirius ?!? s’exclamèrent, en chœur, James et Harry en se tournant vers lui.

 

 - Le seul et l’unique Sirius Black, pour vous servir… ! confirma ce dernier en souriant et en s’inclinant vers ses camarades, d’un air cérémonieux. Alors, Corny, je vois que tu lui enseignes les règles du parfait petit Maraudeur… ! Les seules règles auxquelles nous nous plions… ! précisa-t-il, en s’asseyant sur un coin de la table.

 

 - D’ailleurs, nous avons fini… ! commenta James. En tout cas, Harry est un élève des plus assidu… ! ajouta-t-il en souriant. Il ne lui a fallu que dix minutes pour retenir les dix règles, alors qu’il avait fallu un mois à Peter… !

 

 - Ne compare pas ce qui n’est pas comparable, voyons, Jamsie… ! répliqua Sirius. D’ailleurs, en parlant de Queudver, tu as des nouvelles ?

 

 - Aucune… ! Le silence le plus absolu… ! Et toi ?

 

 - Non plus… ! Sûrement encore une lubie de son père… ! marmonna Sirius en levant les yeux au ciel. Ou alors les services postaux autrichiens sont trop chers… !

 

 - Eh, un diplomate comme Andrews Pettigrow gagne assez bien sa vie pour couvrir des frais de courrier, aussi élevés soient-ils… ! observa James. Ils doit sûrement être trop occupé… !

 

 - Hum ! Eh, vous saviez que le match était annulé… ?

 

 - Quoi ? s’étonna James. Oh non !

 

             - Oh j’ai bien peur que si… ! C’était dans le journal de ce matin… ! insista Sirius.

 

             - En fait, on ne l’a pas vraiment lu… ! Harry a juste regardé l’article sur l’attaque… !

 

             - Et bien, justement, à cause de l’attaque, le match a été reporté à une date ultérieure pour permettre aux services de sécurité de revoir en conséquence l’organisation et préparer au mieux la protection des joueurs américains, pendant leur séjour ici, et les anglais… !

 

             - Ah… ! J’espère que ça sera au moins avant la rentrée… ! soupira James, visiblement déçu.

 

             - Dites-vous que, au moins, Remus pourra venir, si c’est reporté… ! intervint Harry qui se voulait le plus optimiste possible.

 

             - Il n’a pas tort… ! approuva James. Et puis, tout ça aura au moins le mérite d’occuper mon père au Ministère… ! On ne le verra pas pendant un moment… ! ajouta-t-il, en grimaçant.

 

             - Hum… ! Alors, qu’est-ce qu’on fait ? s’enquit Sirius, abordant ainsi un autre sujet.

 

             - J’allais justement te demander si tu n’avais pas quelque chose à proposer… ! répliqua James, en souriant légèrement.

 

             - Quoi… ? Les Maraudeurs en panne d’inspiration… ?! se moqua Harry. Je n’aurai jamais cru ça possible… !

 

             - Eh, durant les vacances, ce n’est pas facile de trouver des choses originales à faire… ! On fait vite le tour des possibilités… ! protesta Sirius.

 

             - C’est vrai… ! renchérit James. Alors que, à Poudlard, on a toujours les Serpentard ou Evans à portée de main pour tester nos nouvelles blagues et stimuler notre créativité… ! On a toujours plus d’imagination quand on est au château que pendant les vacances… ! Alors qu’est-ce qu’on fait ? insista-t-il. Quidditch… ?

 

             - Pourquoi pas… ! » acceptèrent les deux autres qui, bien évidemment, ne se lassaient jamais d’y jouer.

 

            Sur ce, tous trois se mirent en route, discutant de choses et d’autres.

 

* * * * *

 

            Vers seize heures, les trois compères discutaient de tout et de rien, installés dans le jardin, près du lac. Harry, accoudé à la rambarde du pont tout en observant distraitement les poissons qui grouillaient dans l’eau claire, écoutait la discussion des deux Maraudeurs qui, assis sur la rambarde à côté de Harry, leurs pieds se balançant négligemment au dessus de la surface de l’eau, parlaient des deux équipes qui aurait du jouer le match du vingt-quatre ! Tout d’un coup, un reflet mordoré à la surface du petit lac attira l’attention de Harry qui leva les yeux juste à temps pour apercevoir un rapace au plumage fauve repasser une autre fois au dessus d’eux, avant de piquer vers les trois adolescents.

 

            « Oh, voilà du courrier ! » commenta-t-il.

 

            Les deux autres s’interrompirent et, suivant son regard, aperçurent l’oiseau, alors que celui-ci écartait vivement les ailes de façon à ralentir sa vitesse et venir, les pattes en avant, se poser sur la rambarde, entre James et Sirius, qui quitta lestement la balustrade. L’oiseau hulula légèrement, ébouriffa ses plumes et tendit une patte, à laquelle était accrochée une lettre, vers James. Ce dernier se hâta de récupérer le courrier.

 

            «- C’est une lettre de ma mère ! lança-t-il, l’air soulagé, en jetant un regard à l’écriture sur le devant de la missive, tandis que le rapace repartait sans demander son reste.

 

             - N’empêche, ces oiseaux du Ministères sont des rapides… ! observa Sirius, en esquissant un signe de tête approbateur.

 

             - Tu sais très bien que le Ministère ne travaille qu’avec le courrier express… ! rétorqua James, en retournant l’enveloppe, laissant apparaître le sceau du Ministère de la Magie, avant de la décacheter avec soin.

 

             - Pour tous les bureaux ? insista Sirius, tandis que son ami dépliait le feuillet qui se trouvait dans la lettre qu’il venait d’ouvrir.

 

             - Hum… ! approuva distraitement James, tout en commençant à lire ce que sa mère lui avait écrit. Une affaire importante pourrait venir de n’importe où et… ! QUOI ?!? »

 

            Il sursauta si violemment qu’il perdit l’équilibre et serait tombé dans le petit lac en dessous de lui si Harry ne l’avait pas retenu par le bras. Mais James était trop sous le choc de ce qu’il venait de lire pour s’en rendre compte.

 

            «- Euh…, James ! intervint Sirius devant l’expression inexprimable de son ami. Ca va ?

 

             - J’y crois pas… ! Elle peut pas me faire ça… ! C’est pas possible, c’est un cauchemar là… ! se contenta de murmurer, plus pour lui-même qu’autre chose, James, les yeux rivés sur la lettre. C’est pas vrai… ! C’est une blague… !

 

             - Eh oh, James ! insista Sirius. Et si tu nous disais ce qui te met dans cet état…! Eh, oh ! JAMES !!!! Hou, hou !!! La Terre appelle Corny… ! »

 

            Harry jeta un regard interloqué aux deux Maraudeurs, plus que surpris par l’attitude de James qui semblait dans un état second, ne réagissant même pas, alors que Sirius le secouait à présent comme un prunier.

 

            «- Eh, oh !!! James !!! Y a quelqu’un… ?! poursuivit Sirius, qui commençait à s’inquiéter quelque peu, en cessant de malmener son ami pour passer la main devant les yeux de ce dernier, sans plus de réaction.

 

             - Euh, on fait quoi dans ces cas là ? demanda Harry, une main sur la nuque, tout en jetant un regard à Sirius qui semblait tout aussi décontenancé que lui.

 

             - J’en sais rien… ! marmonna-t-il. C’est bien la première fois qu’il me fait ce coup-là ! Eh, JAMES !!! JAMES FRANCK POTTER, tu te bouges ou quoi… !!!! » hurla-t-il, faisant sursauter Harry.

 

            Mais il n’y eu pas plus de réaction, au plus grand dépit de Sirius.

 

            « Ca doit vraiment être grave pour que ça le mette dans cet état… ! commenta Sirius. D’habitude, il déteste plus que tout que je l’appelles comme ça… ! Et ça a toujours tendance à le faire réagir… plutôt durement, d’ailleurs… ! Mais là… ! commença-t-il. Eh, j’crois que… ! »

 

            Avec un petit sourire, il tendit la main vers la lettre qu’il arracha des mains de son ami qui revint à la réalité.

 

            «- Eh, rends moi ça… ! s’écria James, en repassant ses jambes de l’autre côté de la balustrade pour se ruer à la poursuite de Sirius qui s’était aussitôt éloigné, en levant, triomphalement, au dessus de sa tête, le parchemin.

 

             - Pas avant de savoir ce qui a pu te mettre dans un tel état de torpeur… ! rétorqua Sirius, en évitant habilement son meilleur ami.

 

             - Ca ne te regarde pas… ! cria ce dernier, lancé à ses trousses. Rend-moi ce papier !!! » s’époumonna-t-il, alors que Sirius commençait à lire la lettre tout en courant.

 

            Il se figea soudain, stupéfait, en arrivant à la hauteur de Harry, ignorant délibérément les cris de son ami.

 

            « Tu l’auras voulu, Patmol ! menaça alors James, sortant sa baguette magique de sa poche, au moment où Sirius éclatait de rire. Accio la lettre ! »

 

            Le parchemin échappa des mains de Sirius qui ne s’en soucia pas. En effet, celui-ci semblait trouvé ce qu’il venait de lire tellement drôle qu’il avait glissé par terre, sur le pont, les larmes aux yeux.

 

            «- Ce n’est pas drôle, Patmol ! grogna James, renfrogné.

 

             - Oh… ! Oh si… ! C’est… trop… marrant… ! parvint à articuler Sirius, entre deux éclats de rire.

 

             - Euh… ! Est-ce que quelqu’un pourrai m’expliquer ce qui se passe ? » intervint Harry, son regard passant de l’un à l’autre des Maraudeurs, quelque peu soulagé par l’hilarité de Sirius.

 

            Au moins, si Sirius riait, la situation ne devait pas être dramatique.

 

            James sursauta, semblant se rappeler la présence de Harry, et rougit légèrement, l’air mal à l’aise.

 

            « Ben, c’est juste que… ! commença-t-il, alors que Sirius riait de plus belle. Mais c’est pas un peu fini, là ? » grogna James, à l’adresse de son meilleur ami, l’air vexé.

 

            Celui-ci se redressa un bref instant, semblant se calmer. Mais il pouffa et éclata à nouveau de rire en rencontrant le regard de son meilleur ami.

 

            « Faux frère… ! marmonna James en jetant un regard à son meilleur ami avant de se tourner vers Harry qui semblait vraiment perplexe. Si tu veux savoir ce qui amuse ainsi ce grand imbécile, c’est que ma mère a pris pitié d’Evans et qu’elle va se ramener à la maison avec elle… ! » marmonna-t-il, en baissant les yeux.

 

            Harry écarquilla les yeux, stupéfait. Il s’était attendu à tout sauf à ça… ! Il comprenait, à présent, la réaction des deux et il eut bien du mal à ne pas éclater de rire à son tour. Mais il se retint tout de même, grâce à de gros efforts, par respect pour James qui semblait particulièrement mal à l’aise et dépité.

 

            « Comment ça se fait ? » demanda-t-il, calmement.

 

            James releva la tête vers lui, l’air surpris qu’il ne se moque pas, lui aussi, et esquissa un pâle sourire reconnaissant à Harry. Même Sirius parut surpris car il cessa brutalement de rire, et leva les yeux vers les deux autres.

 

            « D’après ce que j’en sais… ! commença James, en jetant un bref regard au parchemin qu’il tenait encore à la main. Les parents d’Evans se trouvaient parmi les victimes… ! Alors, en âme charitable, ma mère s’est proposée de la prendre chez nous pour quelques jours vu que, visiblement, Evans n’a personne d’autre chez qui aller… ! »

 

            Harry acquiesça, en signe de compréhension, distraitement, d’un signe de tête, songeur. A cette époque, Pétunia Evans devait déjà être mariée à Vernon Dursley ! Mais, sachant parfaitement la haine de sa future tante pour Lily, Harry se doutait qu’elle n’avait sûrement pas l’intention de la prendre chez elle ne serait-ce que pour quelques jours… ! Harry s’assombrit…  Ca devait être dur pour elle, et il imaginait très bien ce qu’elle pouvait ressentir… ! Et même si ce n’était pas facile d’apprendre ainsi la mort des parents de sa future mère, Harry songea que c’était inévitable que ça arrive un jour ou l’autre… ! Après tout, ne lui avait-on pas assez dit que les Dursley étaient les seuls membres de sa famille encore en vie, raison pour laquelle Dumbledore avait cru bon de le confier à eux ?

 

            «- Et ta mère doit rentrer quand ? demanda, finalement, Harry.

 

             - D’ici une heure… ! répondit James, avant de grimacer. Il manquait plus que ça… ! Comme si ça ne suffisait pas que je me tape Evans à Poudlard…, je vais aussi devoir la supporter chez moi… !!! »

 

 

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